Rachid Boudjedra, à Barbacha «La littérature, une autre voie pacifique de la revendication identitaire»

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«La littérature peut absorber les crises qui laminent des peuples», souligne l’écrivain Rachid Boudjedra, lors d’une conférence qu’il a animé à Barbacha, dernièrement, sur invitation des étudiants et des jeunes de cette localité. Vêtu d’un burnous traditionnel, propre à la région des Aurès, l’écrivain n’a pas pu cacher son émotion, devant une forte présence de jeunes. Le thème de la rencontre était autour de l’apport de la littérature pour l’identité des peuples, mais, plus particulièrement, l’identité amazighe. L’écrivain, bilingue et célèbre pour son athéisme exprimé, parle des chefs-d’œuvre des écrivains étrangers, dont Émile Zola et Dostoïevski. Concernant l’Algérie, il cetera, entres autres, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri et Kateb Yacine, ayant contribué, par leurs touches littéraires, à revendiquer l’identité amazighe, comme il trouve aussi que les écrits de Jean et Taos Amrouche font partie de ce trésor littéraire d’expression française, ayant donné un bol d’oxygène à la cause identitaire dans le pays. Au cours du débat, le sujet politique, notamment idéologique à été mis en avant par les différents intervenants, en faisant la part des choses entre le socialisme et le libéralisme, qualifiant ce dernier de doctrine qui assure une liberté d’échanges de marchandises, mais pas la liberté des hommes. L’auteur de «Le désordre des choses» juge que la littérature, ainsi que la culture et l’art, sont des solutions idéales à la promotion et la vulgarisation de l’identité, évitant surtout toute forme de violence dans sa revendication. Pour l’enfant d’Aïn El Baida, le domaine littéraire apporte des idées essentialistes et rafraichit les mémoires de la nécessité d’une identité de soi-même, avec un débat apaisant qui va dans le sens de la haine de soi jusqu’à la construction de la vraie identité de chacun, puis celle de la société et des peuples. Boudjedra n’a pas omis d’évoquer l’impact des médias, à savoir la publicité qui ne cesse, par des propagandes bien ciblées, d’avoir des pouvoirs dominants sur le plan psychologique des personnes. À cet effet, il terminera, en disant: «l’identité ne se choisit pas, contrairement à la personnalité qui évolue selon plusieurs facteurs exogènes».

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