Le DG du groupe Echourouk,Ali Fodil est mort

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Le DG du groupe Echourouk Ali Fodil, est mort durant la nuit du mercredi à jeudi à Cannes, en France où il avait été hospitalisé le 16 octobre dernier à la suite d’un malaise cardiaque. Ali Fodil, selon un communiqué publié à cette date dans le journal, se trouvait à Cannes avec des cadres de son groupe pour une manifestation en relation avec le domaine de l’audiovisuel.

Après des études en sciences politiques, Ali Fodil, a lancé d’abord Echourouk Al Arabi en 1991, un hebdomadaire où officiaient  notamment des journalistes arabophones renommés.

La marque de fabrique qui fera par la suite le succès populaire – certains disent populiste – du quotidien Echourouk est déjà en place: un détonnant mélange de pages à forte religiosité, de faits divers scabreux et d’autres plus grivoises sur la vie des acteurs et actrices et autres célébrités. Des pages politiques très clivantes et constamment polémiques attaquant les francophones, les laïcs et les adversaires présumés des “constantes” et mettant en garde contre les menaces présumées contre les “valeurs de la société”.

Ali Fodil a associé les grandes plumes arabophones, comme Saad Bouakba, Bachir Hamadi et d’autres, à l’aventure d’Echorouk Al Yawmi qui va, au début des années 2000, supplanter El Khabar dans le statut de premier tirage de la presse nationale.

 

Avec Anis Rahmani…

 

Un conflit va opposer Ali Fodil à ces grands noms autour de la propriété d’Echorouk Al Yawmi. Une bataille judiciaire a été engagée, se soldant par un arrêt provisoire de parution. Mais une bataille gagnée car la justice lui a reconnu la propriété exclusive du titre. Ce fut un divorce fracassant entre Ali Fodil et ces journalistes, surtout avec Saad Bouakba qui n’a pas la langue dans sa poche et n’hésitera pas à dénoncer des “turpitudes” du DG d’Echourouk.

Ali Fodil installera par la suite à la rédaction en chef du journal Anis Rahmani qui finira par créer son propre groupe Ennahar qui sera un des concurrents d’Echourouk sur la même ligne faite d’un soutien sans faille au pouvoir accompagné d’un discours social et politique très populiste.

La même ligne de soutien au pouvoir accompagnée d’un discours clivant autour de la langue nationale et de l’islam sera reproduite par Echourouk TV, chaîne “offshore” lancée, avec d’autres, quelques mois après le début, en juin 2011, de la  chaîne Al-Magharibiya dont certains actionnaires sont liés au FIS.

Ali Fodil mettra son journal et sa TV au service des différents mandats de Bouteflika. Ses médias se sont engagés précocement dans le soutien au cinquième mandat, ce qui ne les a pas empêché de s’adapter rapidement à la veille de la chute prévisible de Bouteflika après le séisme majeur du 22 février 2019. La chaîne Echourouk TV a cessé depuis plusieurs mois de couvrir les manifestations du Hirak et défend avec acharnement les choix du pouvoir. Ses plateaux ne s’ouvrent plus aux opposants du pouvoir de fait.

Source : ICI

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