L’INSEE confirme que Bouteflika survivrait à son 5e mandat

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Tout cela est de la faute d’Emmanuel Macron qui souhaite changer les règles de l’accession à la retraite et du calcul de la pension. Que fait un professeur proche du départ ? Il se précipite pour s’informer avec frénésie. Et là, il découvre ce que les années d’insouciance n’ont pas voulu entendre.

Tout débute avec la lecture d’un article rappelant les grandes lignes que le jeune Président avait annoncées à l’époque de sa campagne électorale mais sur un ton lointain de la réflexion non encore aboutie. Sa seule certitude, unifier les régimes de retraite, celles du privée avec celles des fonctionnaires. C’est dans les modalités que la certitude n’était pas encore au rendez-vous.

Cependant on me rappelle dans cet article qu’il avait énoncé, parmi d’autres pistes, celle du régime à points puis celle d’un mystérieux système provenant de la Suède, le « capital virtuel ». Le régime à points, cela fait longtemps qu’on nous en parle comme ayant beaucoup de vertus. Nous le connaissons d’ailleurs très bien par nos cotisations mensuelles au bénéfice des régimes complémentaires, du privé (ARRCO et AGIRC) comme celui des fonctionnaires. Pour ces derniers, les sommes espérées ne sont d’ailleurs qu’un complément bien modeste.

Mais que signifie le système du « capital virtuel » ? La poursuite de la lecture va m’apprendre qu’il s’agit de prendre en compte la somme versée durant toute la carrière aux organismes sociaux de collecte (reversée aux retraités de la même période, c’est le système de répartition) mais pondérée par un coefficient de l’espérance de vie correspondant à l’âge de départ.

Et c’est là que l’esprit devient fébrile car on se souvient brusquement qu’il en existe un, les études supérieures étant vraiment lointaines. Je savais cependant de longue date qu’il existait des statistiques pour les accidents mortels que les compagnies d’assurance gardent jalousement pour s’en servir dans leur stratégie de tarification. Mais j’avais oublié que ces organismes se servaient également de la grande institution publique qu’est l’INSEE pour obtenir une base statistique beaucoup plus large et diversifiée.

Le doigt peu assuré et dans un serrement de dents, vous vous imaginez bien que j’ai immédiatement tapé la requête « espérance de vie INSEE ». Voilà que je tombe immédiatement sur un formulaire qui ne vous prépare pas psychologiquement et qui s’adresse à vous aussi sèchement que le sont ces trois questions « Sexe ? Date de naissance ? Âge de départ ? ». Vous cliquez et, sans ménagement, vous avez une réponse lapidaire qui ne se soucie nullement de votre état de choc.

Vous découvrez tout d’abord qu’il existe en fait deux coefficients. Voilà ce qu’ils me disent donc pour ma requête «Homme, 1955, 63 ans» :

Vous êtes né en 1955.

Votre espérance de vie à 63 ans est de 89.034 ans selon la base TGH05* et 83.39 ans selon la base INSEE 2014.

Deux dates statistiques de décès, à moi de croire à la plus favorable. Je ne suis pas rassuré malgré tout car la première, plus favorable de quelques années, est calculée sur des données plus anciennes. Aussitôt j’essaie de contrebalancer par une pensée plus positive, celle qui nous rappelle que la hausse de l’espérance de vie va continuer sa courbe ascendante comme elle l’a fait depuis un siècle d’une manière significative.

Et là, mes chers amis, lorsque la tension est retombée et que j’ai repris mes esprits, un sourire malicieux, presque pervers, est venu naître doucement dans la commissure de mes lèvres. Une diabolique idée m’a traversé l’esprit car ce nom m’accompagne et me hante depuis que j’ai l’âge des premières réflexions : Abdelaziz !

Le sourire devient féroce, les doigts qui manipulent le curseur de la souris sont plus téméraires et l’impatience grandissante. Je tape « Homme, 1937, 81 ans ». Et le miracle se produit de nouveau, voilà la réponse :

Vous êtes né en 1937.

Votre espérance de vie à 81 ans est de 90.695 ans selon la base TGH05* et 89.07 ans selon la base INSEE 2014.

J’ai enfin la réponse à la question que se posent des millions de citoyens, quelle est l’espérance de vie de notre grand patient au pouvoir ? Une réponse statistique mais une réponse tout de même. On les utilise bien pour les tarifs des assurances et bientôt peut-être pour le calcul de la retraite, alors pourquoi pas pour alimenter notre espérance nationale.

Quels sont les enseignements ? Tout d’abord laissons de côté mon chagrin de mourir plus jeune que ce tyran. Que voulez-vous, ce type n’a jamais travaillé un seul jour de sa vie. Parcourir le monde en jet Falcon, pattes d’éléphant et crinière au vent des années soixante dix, c’est pas vraiment un boulot.

Obtenir le job par un soir de coup d’État, avec le renfort des armes, c’est pas suite à des études harassantes et un acharnement à gravir les échelons par la compétence et l’investissement de soi. Et terminer sa vie en balade, sur un fauteuil que poussent de pauvres bougres, comment voulez-vous que je puisse décéder plus tard, en concurrence avec Abdelaziz qui a eu une pareille vie de dilettante ?

Mais nous avons un autre enseignement, Abdelaziz Bouteflika peut largement assumer un 5e mandat et même en entamer un autre.

Les statistiques sont formelles ! Certes, ce sont des statistiques pour des citoyens français bénéficiant d’un environnement particulier. Mais le niveau de vie luxueux de notre Abdelaziz, toute sa vie, devrait même nous suggérer que l’âge prévisionnel et statistique du décès est encore trop bas.

Source : ICI
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