CATALOGNE versus KABYLIE, FC BARCELONE versus JSK

La Catalogne avec ses 32000 km2 en superficie et 7.5 millions d’habitants, est rattachée politiquement à l’Espagne.

La Kabylie, terre amazighe, avec ses 25 257 km2 et 7.5 millions d’habitants est aussi politiquement rattachée à l’Algérie, constitutionnellement définie comme terre arabe.

La Constitution espagnole de 1978 déclare que l’Espagne est une nation indissoluble qui reconnaît et garantit le droit à l’autonomie des régions qui la constituent.

Le statut d’autonomie de 1979 et l’actuel, approuvé en 2006, déclarent que la Catalogne, en tant que « nationalité » d’Espagne, exerce son autogouvernance.

La Catalogne dispose ainsi de sa propre autonomie. Par voie de conséquence, elle possède des compétences dans plusieurs domaines. Elle possède par exemple son propre parlement, son propre gouvernement et donc sa propre sécurité (Police), son propre système éducatif, ses propres TVs (et en grand nombre), … Ceci a permis de sauvegarder la langue catalane.

Malgré tout ça, il y’a un fort désir au sein des catalans pour l’indépendance dont le référendum aura lieu bientôt, le 1er octobre.

La Kabylie, au sein de l’Algérie, elle n’en possède aucune compétence, ni parlement, ni gouvernement. Et le premier ministre Ouyahia, pourtant kabyle, menace quiconque qui touche à l’unité nationale.

De quelle unité nationale parle-t-il, lui et ses maîtres antikabylistes Gaid Salah et Bouteflika, quand :

– Dans les écoles les enfants kabyles étudient en Arabe,

– Les kabyles, toutes tranches d’age confondues, regardent la télévision essentiellement en Arabe,

– Au tribunaux les kabyles se plaignent en arabe,

– Aux différents services de sécurité les kabyles parlent en Arabe,

– Les kabyles s’adressent à leurs administrateurs et font leurs papiers en arabe dans les Dairas, Wilayas et les Mairies, …

Hier j’étais choqué quand j’ai vu le nouveau président de la JSK, pourtant enfant de ce club, s’adresser à ses joueurs exclusivement en langue Arabe ou un peu de français mais 0% en kabyle.

Au club Catalan, FC Barcelone, une des meilleures équipes de football au monde, on ne badine pas avec le CATALANISME.

L’argentin Lionel Messi (un des meilleurs joueurs du monde) dont la langue maternelle est pourtant l’espagnole est forcé d’apprendre le Catalan pour comprendre son entraîneur ou son président.

A la JSK, c’est parce qu’il y’a un joueur arabophone (ou plusieurs) au club que son nouveau président Hamid Sadmi (pourtant fils d’Azazga), se voit dans l’obligation de parler en Arabe et commencer son discours avec Salam Alikoum au lieu de Azul.

Comment appelle-t-on cette catastrophe, qu’on retrouve partout en Kabylie?

En effet j’ai remarqué qu’entre une dizaine de kabyles qui discutent, il suffit qu’il y’ait une 11ème personne arabophone qui se présente, tout le monde se mit à parler l’arabe.

C’est ce qui arrive aux peuples sans états.

En parlant de FC Barcelone, l’historien Ángel Iturriaga Barco, qui a rédigé une thèse de doctorat sur l’histoire politique du Barça et qui a publié plusieurs livres sur l’équipe a donné aujourd’hui une interview forte intéressante au journal montréalais la Presse.

J’ai jugé utile de vous relater l’essentiel de ce qu’il a dit, espérant que ça va servir d’exemple à la JSK.

En gros il a dit ceci:

Le Barça a toujours été lié au catalanisme. Son fondateur, Joan Gamper, était catalaniste. Quand son club a été en difficulté financière, proche de la faillite, ce sont des membres d’un parti politique catalaniste, la Lliga Regionalista, qui sont venus à son secours. En 1918, le catalan a été désigné LANGUE OFFICIELLE DU CLUB.

Depuis 1919, chaque année le 11 septembre, le Barça a une délégation à la Fête nationale de la Catalogne.

En 1925, le Barça a été suspendu six mois parce que la foule avait hué l’hymne national espagnol [sous la dictature de Primo de Rivera, qui avait notamment interdit la langue catalan]. Et après, sous le règne de Francisco Franco, c’est le pouvoir qui pendant plusieurs années choisissait le président du Barça pour éviter le catalanisme.

Après la dictature, l’âme catalane est revenue au Barça. Tout cela est très important pour comprendre les racines catalanes de l’équipe.

Le Barça ne peut oublier ses racines catalanes. Sous Laporta, l’ex-président de FC Barcelone (2003-2010), l’association avec l’UNICEF était très habile. C’était une manière de concilier des valeurs mondiales et locales (car l’UNiCEF défend et oeuvre pour la sauvegarde des langues des peuples de la terre).

PEP GUARDIOLA, l’entraîneur du FC Barcelone de 2008 à 2012 a livré un discours, hier dimanche, lors d’une manifestation pour l’indépendance catalane.

« Nous, Catalans, allons voter le 1er octobre 2018 pour décider de notre avenir. Nous allons voter même si l’État espagnol ne le veut pas. Nous avons essayé 18 fois de parvenir à un accord sur un référendum et la réponse a toujours été non. Nous n’avons d’autre option que de voter. Aujourd’hui, nous, Catalans, sommes victimes d’un État qui persécute politiquement, qui n’est pas digne d’être une démocratie du XXIe siècle […]. Nous appelons la communauté internationale à nous soutenir et les démocrates du monde entier à nous aider à nous battre pour les droits qui sont menacés en Catalogne, comme la liberté d’expression et le droit de vote. »

Dr. Racid At Ali uQasi, Professeur et directeur de communication de TQ5 Média, Ottawa, Canada