Pourquoi « le Bombardier » a été limogé ?

LE WALI DE BÉJAÏA AURAIT ACCORDÉ UNE IMPORTANTE EXTENSION MARITIME AU GROUPE CEVITAL.

Son absence a laissé place à une vague de spéculations et de commentaires sans précédent.

Absent de la scène depuis une semaine, le wali de Béjaïa, ou plutôt le désormais ex-wali de Béjaïa, Ould Salah Zitouni, alias le Bombardier, alimente les discussions à Béjaïa. Son absence a laissé place à une vague de spéculations et de commentaires sans précédent. Faute de communication officielle quant à son absence prolongée, l’administration locale, la classe politique et la population locale s’en remettent aux spéculations tout en se demandant «où est passé notre wali?».
Les spéculations vont bon train, mais son éviction, confirmée par une source sûre, ne serait pas relative à ses déclarations aux services de sécurité d’Akbou, ni à celles faites aux Chinois qui ont d’ailleurs officiellement protesté auprès de leur représentation à Alger pour les «injures» proférées à leur encontre par le chef de l’exécutif de Béjaïa. Elle serait en rapport avec les propos élogieux qu’il aurait formulé à l’adresse du groupe Cevital, lesquelles déclarations n’auraient pas été faites fortuitement, mettant à nu un scandale.
En effet, tout a commencé à la fin de la journée du samedi 3 décembre 2016, à l’issue de la réunion consacrée aux investisseurs et industriels de la daïra de Béjaïa. Au lendemain de cette réunion tenue à l’auditorium d’Aboudaou de l’université de Béjaïa, le désormais ex-wali Ould Salah Zitouni, a été longuement auditionné au ministère de l’Intérieur, pour répondre de ses déclarations qui avaient trait aux «efforts et (aux) sacrifices du groupe Cevital pour sa contribution industrielle à l’échelon aussi bien local que national». Jusque-là rien d’anormal. La gravité du geste du wali réside dans sa propension à remettre en cause des décisions prises au niveau central, sans prendre la peine de consulter. D’où la convocation du wali pour s’enquérir de la situation des demandes d’investissement et du foncier industriel au niveau local, notamment. Plusieurs questions auraient été posées à l’ex-wali, notamment celles relatives au dossier d’extension maritime demandée par le patron de Cevital.

Le wali aurait été soupçonné d’avoir agi au profit de Cevital, sans passer par les instances nationales. Il lui aurait accordé par arrêté de wilaya une importante extension maritime sur les quais du port de Béjaïa. Une demande à laquelle le gouvernement, par le biais du ministère de l’Industrie, avait déjà répondu par la négative. En somme, on s’achemine vers la révélation d’un grand scandale qui sera étalé sur la place publique dans les tout prochains jours.

L’Expression