{"id":2577,"date":"2017-12-31T21:59:32","date_gmt":"2017-12-31T20:59:32","guid":{"rendered":"http:\/\/kabylietimes.com\/?p=2577"},"modified":"2017-12-31T22:03:29","modified_gmt":"2017-12-31T21:03:29","slug":"langues-maghreb-mutation-sociopolitique-etude-de-cas-enjeux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/2017\/12\/31\/langues-maghreb-mutation-sociopolitique-etude-de-cas-enjeux\/","title":{"rendered":"Langues au Maghreb en mutation sociopolitique \u00e9tude de cas sur les enjeux"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Les perspectives de gestion institutionnelle des langues au Maghreb, l\u2019impact que pourrait avoir l\u2019amazighit\u00e9 institutionnalis\u00e9e tant en Alg\u00e9rie qu\u2019au Maroc sur le paysage sociolinguistique maghr\u00e9bin, tout comme les enjeux du recours \u00e0 l\u2019une des graphies arabe, latine ou tifinagh (\u00e9criture originelle des Berb\u00e8res) aussi bien pour l\u2019amazighe que pour les liens de cette langue \u00e0 l\u2019arabe et au fran\u00e7ais, mais encore la place de la langue fran\u00e7aise dans les d\u00e9bats actuels avec le progr\u00e8s de l\u2019arabisation sur les plans institutionnel et social, tels sont les th\u00e8mes abord\u00e9s dans l\u2019ouvrage collectif \u00e9dit\u00e9 derni\u00e8rement chez les Presses universitaires de Rouen et du Havre, en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>(&#8230; Suite de la 1\u00e8re partie publi\u00e9e dans l\u2019\u00e9dition d\u2019hier)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour une \u00e9galit\u00e9 entre l\u2019arabit\u00e9 et l\u2019amazighit\u00e9 constitutionnellement et institutionnellement<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le m\u00eame sillage, la contribution de Ch\u00e9rif Sini a trait au parcours de la redynamisation sociolinguistique de berb\u00e8re en Alg\u00e9rie. Elle synth\u00e9tise \u00ables facteurs de la vitalit\u00e9 de cette redynamisation dans la r\u00e9gion kabyle et met en \u00e9vidence les \u00e9l\u00e9ments intellectuels, sociolinguistiques et institutionnels de l\u2019\u00e9mergence et de la singularisation du kabyle parmi les autres formes de l\u2019amazigh\u00bb. Ch\u00e9rif Sini inscrit cette action de redynamisation \u00abdans la continuit\u00e9 de celle des militants et combattants pour l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne. [Et] ce qu\u2019exigent ces derniers, [\u00e9crit-il], n\u2019est autre que l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans le traitement constitutionnel et institutionnel entre l\u2019arabit\u00e9 et l\u2019amazighit\u00e9\u00bb. L\u2019article de M. Sini se donne \u00e0 lire comme un ensemble de r\u00e9flexions scientifiquement quadrill\u00e9es pouvant m\u00eame servir \u00e0 murir et \u00e0 entreprendre des mesures non pas \u00abtimides\u00bb, mais valables en vue de mettre l\u2019arabit\u00e9 et l\u2019amazighit\u00e9 constitutionnellement et institutionnellement au m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelles opportunit\u00e9s pour l\u2019amazighe apr\u00e8s son institutionnalisation au Maroc\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les opportunit\u00e9s que pourraient garantir la constitutionnalisation et l\u2019enseignement pour le sauvetage de la langue amazighe au Maroc constituent l\u2019objet de l\u2019article d\u2019Abdellah El Mountassir, enseignant \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Agadir (Maroc). Il ressort de l\u2019\u00e9tude de l\u2019universitaire marocain que \u00abla nature de la promotion de l\u2019amazighe au statut de langue officielle dans la Constitution de juillet 2011, bien qu\u2019elle le l\u00e9gitime politiquement et rend sa pr\u00e9sence juridique visible, ne l\u2019affranchit pas de la domination de l\u2019arabe et du fran\u00e7ais, les deux langues de grande diffusion au Maroc et au Maghreb\u00bb (pp.13-14). Et M. El Mountassir de souligner dans son papier \u00abl\u2019urgence d\u2019une valorisation sociale et politique plus efficace de cette langue aupr\u00e8s des locuteurs berb\u00e9rophones d\u2019abord pour que cette promotion ne reste pas sans effet sensible sur le devenir de cette langue et de sa culture\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019amazighe au Maroc, une dynamique identitaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le m\u00eame contexte, Mohamed Sguenfel, enseignant \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Agadir, au Maroc, propose une \u00e9tude qu\u2019il intitule : \u00abLa dynamique identitaire au Maroc. Le cas de l\u2019amazighe\u00bb. En empruntant des concepts th\u00e9oriques \u00e0 l\u2019approche constructiviste de l\u2019identit\u00e9, il s\u2019attache \u00e0 l\u2019\u00e9tude de \u00abl\u2019\u00e9volution du statut juridique de l\u2019identit\u00e9 amazighe au Maroc\u00bb, comme il interroge \u00ables ambig\u00fcit\u00e9s li\u00e9es au r\u00f4le, \u00e0 la place et \u00e0 la fonction de la langue amazighe dans la reconfiguration nouvelle qu\u2019engendre th\u00e9oriquement cette promotion\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelle place pour la darija au Maroc\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, Dominique Caubet, sociolinguiste et sp\u00e9cialiste de la darija (l\u2019arabe marocain), professeure des universit\u00e9s d\u2019arabe \u00e0 l\u2019INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), et Catherine Miller, Directrice de recherche au CNRS-Ex-Marseille Universit\u00e9 (France), signent une contribution commune qui porte sur \u00ables enjeux sociopolitiques autour de l\u2019arabe marocain. Selon les deux sociolinguistes, il y a au moins deux formes de dynamisation de la darija au Maroc \u00abrel\u00e9gu\u00e9e au rang de langue inf\u00e9rieure et souvent per\u00e7ue comme \u00e9tant celles des illettr\u00e9s, voire des ignorants\u2026\u00bb. La premi\u00e8re est d\u2019ordre politique. Elle requiert \u00abun statut constitutionnel \u00e0 cette langue\u00bb. La deuxi\u00e8me concerne l\u2019usage de cette langue \u00abcomme outil d\u2019expression et de communication \u00e9lectroniques \u00e0 caract\u00e8re revendicatif sur les r\u00e9seaux sociaux, particuli\u00e8rement Facebook, dont le nombre d\u2019internautes a d\u00e9pass\u00e9 les sept millions, en 2014\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand les slogans r\u00e9volutionnaires remplacent l\u2019expression des sentiments amoureux ou de fid\u00e9lit\u00e9 sportive sur l\u2019espace mural en Tunisie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un terrain suscitant maintes \u00e9tudes et de multiples r\u00e9flexions est offert aux chercheurs par le paysage sociolinguistique tunisien particuli\u00e8rement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, notamment depuis la r\u00e9volution de janvier 2011. C\u2019est dans ce sens que In\u00e8s Benrejeb, enseignante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Manouba (Tunis), analyse, dans sa contribution, \u00ables discours de murailles et [les] discours de blog en Tunisie\u00bb comme \u00abpratiques linguistiques en contexte r\u00e9volutionnaire\u00bb, ou comme \u00abdeux nouveaux modes d\u2019expression avec les nouvelles th\u00e9matiques li\u00e9es au contexte r\u00e9volutionnaire et postr\u00e9volutionnaire\u00bb. L\u2019auteure remarque d\u2019abord que sur le plan linguistique, \u00e9nonciatif et situationnel, les slogans r\u00e9volutionnaires remplacent sur l\u2019espace mural (tunisien) l\u2019expression des sentiments amoureux et de fid\u00e9lit\u00e9 sportive, et ce, selon les trois p\u00e9riodes qui suivent : 2010-2011, 2012-2013 et 2014. In\u00e8s Benrejeb rel\u00e8ve, ensuite, que \u00abla constatation de la premi\u00e8re p\u00e9riode c\u00e8de la place au spirituel et au religieux durant la seconde; la troisi\u00e8me voit r\u00e9-\u00e9merger des discours protestataires et accusateurs\u00bb. Par ailleurs, le livre-blog portant le titre : \u00abTunisie : fragments de r\u00e9volution\u00bb, publi\u00e9 en janvier 2014 par le blog collectif El Kasbah, lanc\u00e9 par Riadh Sifaoui, un Tunisien de la diaspora, polytechnicien dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Ecole nationale sup\u00e9rieure de techniques avanc\u00e9es (ENSTA), une des \u00e9coles les plus c\u00e9l\u00e8bres en France, attire \u00e9galement l\u2019attention de l\u2019universitaire tunisienne et lui inspire quatre questions qu\u2019elle formule ainsi : \u00abCe livre-blog relate-t-il l\u2019histoire d\u2019une r\u00e9volution en cours\u00a0? Si les auteurs se fixent pour objectif de \u00ab\u00a0raconter une histoire logique\u00a0\u00bb, existe-t-il une logique narrative dans la mani\u00e8re de mettre en mots ce r\u00e9cit\u00a0? Quelles marques linguistiques, \u00e9nonciatives et subjectives caract\u00e9risent ce type d\u2019\u00e9crit\u00a0? Avons-nous affaire \u00e0 un nouveau genre de discours\u00a0?\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une identit\u00e9 aux multiples appartenances consacr\u00e9e dans la nouvelle Constitution tunisienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour sa part, Foued Laroussi analyse dans son article la perception de l\u2019identit\u00e9 individuelle et collective dans la nouvelle Constitution tunisienne \u00e9labor\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante et promulgu\u00e9e en janvier 2014. L\u2019identit\u00e9 plurielle de la Tunisie, rappelle-t-il, \u00abest faite d\u2019appartenances multiples et d\u2019apports divers\u00bb, et \u00ab[\u2026] le Tunisien con\u00e7oit son identit\u00e9 comme faite d\u2019apports multiples, certains li\u00e9s \u00e0 la composante arabo-islamique, d\u2019autres \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage amazigh, certains li\u00e9s aux valeurs humaines ou \u00e0 une vision la\u00efque du monde[\u2026]\u00bb. Dans la nouvelle Constitution tunisienne, la nation de l\u2019identit\u00e9 rev\u00eat, aux dires de Foued Laroussi, de multiples appartenances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00abDes mots symboles d\u2019une dynamique socio-langagi\u00e8re en devenir\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autre part, s\u2019inspirant du contexte des derni\u00e8res \u00abr\u00e9volutions\u00bb tunisienne et \u00e9gyptienne, Dalila Morsly, Professeure en sciences du langage, propose, dans sa contribution, qu\u2019elle intitule \u00abLes mots des r\u00e9volutions arabes\u00bb, une analyse \u00abdu r\u00e9glage de sens de trois mots-slogans de ces mouvements r\u00e9volutionnaires : \u00abd\u00e9gage\u00bb, \u00abharaga\u00bb et \u00abbaltagia\u00bb. Selon elle, ces termes, entre autres, \u00abd\u2019usage habituellement ordinaire\u00bb, obtiennent \u00abune nouvelle dynamique dans ces contextes de remous sociaux o\u00f9 les contestataires affrontent, dans la violence, les forces du pouvoir\u00bb. Ces mots, d\u2019apr\u00e8s la m\u00eame universitaire, deviennent en ces moments de troubles \u00abdes mots symboles ou porte-voix d\u2019une dynamique socio-langagi\u00e8re en devenir\u00bb. Enfin, le papier intitul\u00e9 \u00abVari\u00e9t\u00e9 r\u00e9gionales en Tunisie : r\u00e9conciliation et pouvoirs\u00bb que propose Raja Chenoufi, de l\u2019universit\u00e9 Tunis El Manar (Tunisie), invite \u00e0 la reconsid\u00e9ration de \u00abl\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du paysage sociolinguistique tunisien \u00e0 la lumi\u00e8re des mutations politiques et sociales induites par la r\u00e9volution [tunisienne] de janvier 2011\u00bb.<\/p>\n\n<div style=\"font-size: 0px; height: 0px; line-height: 0px; margin: 0; padding: 0; clear: both;\"><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les perspectives de gestion institutionnelle des langues au Maghreb, l\u2019impact que pourrait avoir l\u2019amazighit\u00e9 institutionnalis\u00e9e tant en Alg\u00e9rie qu\u2019au Maroc<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2580,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"sfsi_plus_gutenberg_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_show_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_type":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_alignemt":"","sfsi_plus_gutenburg_max_per_row":""},"categories":[26,448],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2577"}],"collection":[{"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2577"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2577\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2578,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2577\/revisions\/2578"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2580"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/kabylietimes.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}