Canada : un jeune couple algéro-marocain qui voulait rejoindre Daech devant les juges

Le procès pour terrorisme de El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane, deux jeunes d’origine maghrébine, a débuté hier au Palais de justice de Montréal.

Le jeune couple, arrêté en avril 2015 sur dénonciation de la famille de Sabrine Djermane, a plaidé non coupable. Ils font face à une série d’accusations dont « tentative de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l’étranger », « possession d’une substance explosive dans un dessein dangereux » et « avoir facilité un acte terroriste et commis un acte au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste ».

Au moment de leur arrestation, les deux jeunes vivaient ensemble et étaient en brouille avec leurs familles. Ils se préparaient, selon l’accusation, à quitter le Canada pour rejoindre le groupe État islamique, Daech. Les procureurs pensent que le couple s’apprêtait également à commettre un attentat sur le sol canadien dans le cas où il n’aurait pas quitté le pays. Du matériel et un manuel pour fabriquer une bombe artisanale ont été découverts dans leur appartement.

Toujours selon l’accusation, El Mahdi Jamali et Sabrine Djermoune auraient répondu à l’appel lancé par le djhadiste canadien, John Maguire. Ce dernier est devenu célèbre avec sa vidéo dans laquelle il demandait aux musulmans canadiens de faire « leurs valises ou préparer leurs engins explosifs ».

Le procès devant jury devrait durer 10 semaines. Plus d’une centaine de témoins et d’experts seront appelés à la barre que ce soit pour la défense ou l’accusation.

Sabrine Djermane, 21 ans, est née en Algérie. Elle est arrivée enfant au Québec avec ses parents. El Mahdi Jamali, 20 ans, né au Maroc a lui aussi émigré avec sa famille très jeune.

Le profil sociologique de leur famille n’expliquerait pas leurs actes, selon les observateurs. Ils sont issus de la classe moyenne. « Les raisons ne sont pas nécessairement socio-économiques mais plus liées à une crise identitaire chez ces jeunes qui est vite récupérée par les djihadistes », pense Mohamed Mimoune, agent de mobilisation et de développement du Forum jeunesse de Saint Michel, un organisme montréalais.

Source : TSA