L’équation Chakib Khelil retarde le remaniement ministériel

L’avenir de tous les hauts responsables du pays est suspendu à la décision de la Présidence de la République qui tarde à annoncer le prochain remaniement ministériel. Plusieurs dates ont été annoncées, mais le suspense demeure entier. Dans les coulisses, une équation retarde, depuis plusieurs semaines, l’annonce officielle de ce remaniement : le nouveau rôle de Chakib Khelil.

Un éventuel retour du controversé de l’ex-ministre de l’Energie, suscite des divisions au sommet de l’Etat. Il empêche la cristallisation d’un consensus au sommet du régime. Officiellement, l’homme veut revenir aux affaires. Mais quel poste lui accorder ? Officieusement, l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika s’accorde à dire que l’Etat a besoin de l’expertise et du réseau international de Chakib Khelil pour relancer l’économie nationale. Ceci dit, personne n’est d’accord sur les nouvelles fonctions que Chakib Khelil doit occuper au sein d’un nouveau gouvernement.

Trois courants se dégagent dans ce dossier. Le premier plaide pour octroyer à l’ex-ministre de l’Energie un portefeuille ministériel clé comme celui de l’Industrie afin de relancer les investissements internationaux en Algérie, prétextant que Chakib Khelil dispose d’un carnet d’adresses impressionnant, notamment en Amérique du Nord. Le deuxième estime qu’il peut même faire l’affaire s’il est désigné Premier Ministre en remplacement de Sellal ! En dépit de sa réputation sulfureuse et des accusations de corruption, ce courant plébiscite Chakib Khelil pour ce poste stratégique. Et enfin le, troisième groupe tente de limiter les dégâts que peut occasionner un retour officiel de Chakib Khelil. Ce groupe estime qu’un simple poste de ministre d’Etat-conseiller suffit pour réhabiliter l’homme tout en lui permettant d’offrir ses services à l’Etat algérien.

Pour l’heure, aucune décision officielle ne semble avoir été prise. Le remaniement ministériel est toujours en suspens et les prochains jours pourront apporter leur lot de surprises.

Abdou Semmar pour Algérie Focus