Le FFS se déchire

Le FFS est dans la tourmente. Le plus vieux parti d’opposition qui a fêté cette année le 53e anniversaire de sa création se déchire. Une crise qui n’est pas née de la démission cette semaine de l’ancien premier secrétaire national, Ahmed Betatache, ni de l’éviction il y a une semaine de Rachid Halet. Le FFS a en réalité entamé sa descente aux enfers depuis plusieurs années, livré à une guerre de clans qui s’était accentuée avec la maladie de son fondateur Hocine Ait Ahmed.

Comme à chaque fois, la crise au FFS prend forme à la veille des élections législatives. Il y a cinq ans, en 2012, le parti avait connu un départ de plusieurs militants et anciens cadres dirigeants. Ils avaient, à l’époque, accusé les frères Bahloul, Chafaa Bouaiche, Ali Laskri pour ne citer que ces noms de prendre en otage le parti et au passage de fournir de faux rapports à Ait Ahmed afin de l’amener à valider la participation du FFS aux élections législatives. Un choix qui a été, et c’est là un secret de polichinelle, discuté et négocié avec le pouvoir.

D’ailleurs, la participation du FFS n’avait pas été une surprise. C’était même une suite logique de la nouvelle ligne politique du FFS qui se dessinait à travers les discours et les positions de sa direction. Une victoire précieuse pour le pouvoir qui venait, par le biais de cette participation, de réussir là un grand coup : celui de faire fléchir l’un des derniers bastions de l’opposition en Algérie, avant de l’abandonner à son sort ou plutôt à ses conflits qui n’ont fait que l’affaiblir et l’éloigner de l’essentiel, le militantisme politique.

Doucement mais sûrement le FFS s’est vidé de ses anciens cadres. Le siège du parti à Alger ne pouvait plus contenir les voix discordantes. Ces dernières, par choix ou poussées à la porte, ont déserté le FFS, un parti qu’elles ne reconnaissent plus.

Le débat d’idée a laissé place aux calculs politiciens et personnels très étroits. Le FFS refuse de s’inscrire dans les initiatives de l’opposition et maintient un semblant de distance vis-à-vis du pouvoir. Quand il lance une initiative, c’est brouillon, indécis. L’échec cuisant de son projet de conférence nationale de consensus en est la dernière illustration. Le FFS a présenté à la classe politique une « feuille blanche » que personne n’a souhaité remplir.

Depuis quelque temps, le plus vieux parti d’opposition ne sait plus sur quel pied danser. Sa ligne politique est de plus en plus ambiguë. À l’APN, les positions de ces députés vacillent entre l’abstention lors des votes, le boycott de l’ouverture des séances ou la dénonciation. Mais ses députés n’ont jamais osé démissionner. Résultat, le FFS n’a jamais réussi à peser sur les décisions.

Aujourd’hui, une question est posée : que reste-t-il des engagements politiques et idéologiques de la figure historique Hocine Ait Ahmed ? Les plus optimistes ne diront pas grand-chose. Les anciens cadres, parmi les plus fidèles à la ligne d’Ait Ahmed, sont unanimes, selon eux le FFS a déjà signé sa mort politique.

TSA